lundi, novembre 20, 2006

Elephants Dream

… ou pourquoi certains journalistes s’acharnent à vouloir nous raconter tout et n’importe quoi.

Cela faisait des années que je n’ai pas mis le nez dans Télérama et aujourd’hui (va savoir pourquoi !) j’y ai jeté un coup d’œil. Evidemment, je me suis énervée au bout de deux minutes… Ce qui m’a mis dans cet état : un article de Thomas Bécard parlant d’un court-métrage d’animation qui s’appelle "Elephants Dream".

Déjà, son article commence mal : "Le titre est à moitié trompeur : dans Elephants Dream, il n’y a pas d’éléphants ; en revanche, rayon onirisme, on est servi.", dit-il.
Il aurait dit quoi du livre d’Agatha Christie s’intitulant "Elephants Can Remember" ? Aurait-il commencé son article de la même façon : titre trompeur - car il n’y a pas d’éléphants dans ce polar, comme vous vous en doutiez…

Ensuite, il fait preuve d’une totale méconnaissance du Net. "Elephants Dream a été conçu uniquement avec des logiciels libres, ces programmes gratuits que tout le monde peut copier ou modifier sans autorisation préalable – le plus connu étant sans doute le navigateur Firefox.", précise-t-il.
A mon avis, ce monsieur confond un peut tout : le Web 2.0, les wiki, les Open Source…
Il devrait peut-être prendre également quelques cours de logique. Dans son affirmation "logiciels libres - que tout le monde peut copier ou modifier sans autorisation préalable" rien ne vous choque ? Puisqu’ils sont libres, à qui faudrait-il demander l’autorisation ? Bref…

En fait, ce petit film a été réalisé avec Blender, suite d'animations 3D complète, libre et gratuite permettant le modelage 3D, la composition vidéo, etc. Ses concurrents payants les plus connus sont Maya, Hexagone.

Il finit son article par : "Malheureusement, le scénario n’est pas à la hauteur : outrancièrement conceptuel, il laisse le spectateur indifférent à une histoire qu’il a du mal à comprendre."

Je vous laisse juger. Je ne défends pas le petit film (qui vaut le détour), mais je suis pour le logiciel libre et contre la connerie journalistique.






Digg!

9 commentaires:

Stinker a dit…

Commence par jeter Windoze aux orties ! Ensuite, on en reparle ... :-)

Anonyme a dit…

Of course I couldn't understand much of the dialogue, but I thought that the imagery (albeit containing rather a lot of tradiional horror movie cues and ideas) was amazing. Good soundtrack too - and all this with free software.

Extraordinary. One question: How do people find the time??

Thomas Bécard a dit…

Bonjour,

pas très bien compris en quoi je raconte "n'importe quoi" : j'ai essayé de définir en quatre mots le concept de "logiciel libre", qui vous est sans doute très familier, mais qui ne l'est peut-être pas de tous les lecteurs de Télérama. C'est peut-être un peu redondant de préciser "sans autorisation", mais ce n'est en tous cas pas faux.
Lisez par exemple la définition de logiciel libre sur Wikipedia :
"Un logiciel libre est un logiciel tel que toute personne qui en possède une copie a le droit de l'utiliser, de l'étudier, de le modifier et de le redistribuer."

Par ailleurs, connaissiez-vous ce court-métrage avant mon article ? Si ce n'est pas le cas, j'aurais donc atteint mon but, vous donner envie d'aller le voir. Car si j'en parle dans cette page, c'est avant tout parce que je trouve que ça mérite le coup d'oeil, malgré les réserves sur le scénario (et je ne suis pas le seul : faites un tour sur les forums qui en parlent, vous verrez que la plupart des gens ont du mal à le comprendre).

Pour permettre à vos lecteurs de vraiment juger de quoi vous parlez, je mets un lien vers mon article en entier : http://www.telerama.fr/internet/M0611131809250.html

Et au fait : moi aussi, je suis pour le logiciel libre, et je suis contre les gens qui portent des jugements à l'emporte-pièce sous prétexte qu'ils ont un blog.

cm a dit…

A Thomas Bécard

La définition de Wikipedia sur le logiciel libre est légèrement différente de la vôtre. Mais on ne va pas couper les cheveux en quatre.

J’ai vu ce film un jour avant de lire votre article. En fait, j’avais envie de m’essayer à l’image 3D et j’étais à la recherche d’un logiciel libre. J'ai fini par arriver sur le site de Blender sur lequel il y a un lien vers ce film (en anglais). Votre article m’a permis de découvrir qu’il existait également une version en français et je vous en remercie.

J’ai les mêmes réserves que vous quant au scénario. L’histoire, si tant est qu’il y en ait une, laisse à désirer. J’ai cité votre dernière phrase parce que je ne comprends pas ce qu’il y a d’« outrancièrement conceptuel » dans ce court-métrage – qui toutefois mérite le coup d’œil, là encore on est d’accord.

cm a dit…

To Paul

There is an English version on YouTube:

http://www.youtube.com/watch?v=C_b3-yFDX8U

Anonyme a dit…

CM: Merci

Stinker a dit…

Il a raison, le monsieur, et il faut avouer que ton jugement était un peu à l'emporte-pièce. On a l'impression que tu cherches des bonnes raisons pour t'énerver, et cet article a dû te tomber entre les mains au mauvais moment. Ou bien tu t'étais levée avec l'envie de flinguer un journaliste.
En tout cas, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le web devient un joyeux foutoir avec tous ces blogs. On savait déjà que d'aucuns avaient un avis sur tout. Voilà que la possibilité leur est donnée de le dire à tout le monde. Alors forcément, le pauvre journaliste doit fumer ses crayons.
Très intéressant cela dit, cette interpellation entre les blogs et la presse... Amis bloggueurs, profitez-en! "On (?)" ne va pas tarder à mettre de l'ordre dans tout ça. On a déjà fait reculer l'Europe. Imaginez qu'on fasse reculer la connerie. Ça serait insupportable!

Stinker a dit…

Les logiciels libres ... c'est compliqué. Certains sont plus libres que d'autres, il y a plusieurs écoles ( et donc plusieurs licences ) et les protagonistes de la Free Software Fondation (FSF), de Linux et de BSD, quand ils ne programment pas, se chamaillent allègrement.
Certains logiciels libres ne sont pas libres d'être vendus ou intégrés dans des projets commerciaux. Inversement, les projets "open source" ne peuvent pas intégrer des projets commerciaux, pour des raisons techniques et philosophiques. D'autres sont moins dogmatiques et sont tellement libres qu'ils s'en foutent. Certains ont rejoint le domain public (public domain). La question - et c'est une question importante dont on ne parle pas suffisamment - se pose à propos des DRM et autres protections contre la copie et le piratage, qui au prétexte de protéger les auteurs dans leurs droits, prive les usagers des sytèmes libres - certes minoritaires, (mais tellement plus intelligents :-) ) - de la simple possibilité d'écouter de la musique... à moins de rentrer dans le rang et de payer une dîme à monsieur Gates pour un système plus compatible avec la société de consommation.
Ça, c'est beaucoup plus liberticide et beaucoup plus pervers que l'interdiction de fumer dans les soutes, où l'air était de toute façon déjà irrespirable.
Cela dit, je regrette l'époque où l'on revenait du lycée, la clope au bec et un 33 tours sous le bras.

cm a dit…

Oui, cet article m'est tombée entre les mains au mauvais moment - j'étais déjà énervée, suite à la lecture de certains posts sur un forum d'un journal bien connu concernant "L'image des femmes dans la publicité".

Pour peu, je serais prête à récidiver. Cela veut dire quoi "l'images des femmes" ? L'image de la femme me semble plus approprié comme titre...

La prochaine fois, sept fois je tournerai autour de ma souris avant d'écrire un message.